Le 4 décembre 2024, la Famille Princière inaugurait le onzième agrandissement de Monaco sur la mer. Presque deux ans plus tard, Mareterra n’est plus un chantier : c’est un passage. On y traverse la promenade pour rejoindre le Grimaldi Forum, on s’y arrête pour le parc, on y entre par les rez-de-chaussée commerçants.
Ce qui a changé depuis l’inauguration
Le quartier a cessé d’être une curiosité pour devenir un lieu d’usage. Les espaces publics sont ouverts en continu — près de trois hectares, un parc d’un hectare, une promenade de 500 mètres qui prolonge celle du Larvotto. L’extension du Grimaldi Forum est entrée en service en décembre 2024 et janvier 2025 : 10 000 m² de plus, portant l’établissement de 35 000 à 41 000 m² pour ses 25 ans.
La mémoire d’un chantier de huit ans
Ce qui reste à archiver, c’est le temps long. Le projet de loi de 2015 sur la désaffectation des parcelles de l’anse du Portier. Les dix-huit caissons de béton armé assemblés entre septembre 2018 et juillet 2019, chacun posé au centimètre près avant d’atteindre 24 000 tonnes. Huit années de travaux, plus de 300 entreprises, 6 000 personnes, et une livraison avec six mois d’avance. Chaque étape est datée sur la fiche de Mareterra.
Un quartier qui divise autant qu’il fascine
Mareterra est aussi un cas d’école médiatique. Une revue de presse internationale d’avril 2025 montre deux récits irréconciliables : d’un côté un « modèle de construction durable en milieu marin », une structure descendue à 50 mètres de profondeur, 80 % du chauffage et du refroidissement couverts par les renouvelables ; de l’autre une « dubaïsation » de la Méditerranée et une biodiversité jugée irrémédiablement perdue, malgré la sauvegarde de 510 m² d’herbiers de posidonies avant les travaux.
Memoria n’arbitre pas : le guide enregistre les deux versions, datées et sourcées. C’est cela, une archive — pas un dossier de presse.
Pourquoi on l’archive
Un quartier neuf n’a pas de mémoire spontanée : personne ne se souvient de ce qui se trouvait là avant, parce qu’il n’y avait rien — que la mer. Conserver la trace du chantier, des décisions, des coûts et des controverses, c’est se donner les moyens de dire, dans trente ans, comment Monaco a gagné ces six hectares.
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